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Jerome Baur

compositeur de musique & sound designer

D’où venez-vous et où vivez-vous ?

Je suis né à Nancy en France en 1968. Puis j’ai grandi sur la butte Montmarte à Paris. En 2000, je suis venu m’installer avec ma famille à Lausanne, en Suisse.


Comment définissez-vous votre profession ?

Je crée des musiques et des sons, pour l’image et la scène.

J’exerce dans des domaines très différents qui vont du cinéma à la télévision, du film d’animation à la publicité, de génériques TV aux films documentaires, ou encore des spectacles de chorégraphie aux pièces de théâtre.


A Paris, j’ai appris la musique et le piano à l’âge de dix ans. Puis durant sept années de jazz avec le pianiste et compositeur Michel Sardaby et enfin deux année d’école du spectacle. J’ai commencé à travailler en 1990 et j’ai eu la chance de pouvoir assez rapidement créer des musiques en voyageant sur plusieurs continents. Chacun de ces voyages est un enrichissement autant humain qu’artistique.


Je constate que les différents domaines pour lesquels je compose, ajoutés à mes aventures avec d’autre cultures, se nourrissent les uns des autres. Je pense aussi que mon parcours un peu étrange fait sans doute de mon écriture musicale ce qu’elle est aujourd’hui : une palette musicale relativement large et ma sensibilité qui continuent d’évoluer ensemble. Ce que je crée est sincère et c’est peut-être pour cela que je peux encore re-écouter maintenant des musiques que j’ai composé il y a pourtant plus de vingt ans, avec encore du plaisir.




Comment définissez-vous votre univers musical ?

Plutôt qu’univers (c’est un peu grand...), je dirais que je construis ma ”palette musicale” au fil du temps. Elle se complète avec les couleurs de toutes mes réalisations et collaborations avec de nombreux artistes des quatre coins du monde.

Mais avant cela, je crois depuis le plus jeune âge avoir toujours été curieux d’un large panel de genres musicaux, de différentes origines, d’époques et aussi curieux des sons dans le sens large du terme.


J’écoute souvent mon environnement : la ville, les rumeurs d’un immeuble, des enfants qui jouent, un avion dans le ciel, les sons de la nature, etc.

Cela m’inspire des rythmes, des harmonies ou encore une nouvelle idée de timbre. Pour résumer, c’est un peu comme si la bibliothèque sonore que j’ai dans la tête avait constament faim  :)



D’un point de vue général, j’ai une approche de la musique plus vibratoire qu’analytique. Je me rappelle de vibrations... des souvenirs qui m’inspirent une nouvelle musique ou qui me permettent d’imaginer un nouvel instrument virtuel.


La musique de films et pour le théâtre sont deux piliers importants pour moi. Ils continuent de m’apprendre à toujours mieux sculpter les émotions en musique ou en sons. C’est important pour servir en musique, une histoire contée. Pour y arriver, c’est donc essentiel que je sois en état d’éveil et en état d’aimer.


Lorsque un(e) auteur, un(e) réalisateur ou un(e) metteur en scène me présente son projet pour la première fois, je dois réussir à capter chaque bribe d’émotion de sa part (souvent au delà de son propre discours) si je veux réussir de toucher le coeur du film ou du spectacle qu’il ou elle désire que je mette en musique. Lorsque cela est possible, alors se dessine naturellement la route et le processus de création qui guidera aussi l’écriture musicale.


Quelles sont vos influences musicales ?

Pour répondre, il y a une phrase de Jean-Claude Amissen que j’aime beaucoup :

”se tenir sur les épaules des géants et voir plus loin. Voir dans l’invisible, à travers l’espace et le temps...”.

Parmi la myriade de géants de la musique qui m’inspirent, il y a :

Peter Gabriel, Björk, Tom Waits, Qigang Chen, Oscar Peterson, Miles Davis, Bach, Mulatu Astatke, Eberhard Weber, Fred Frith, Rimsky Korsakov, Dexter Gordon, Franck Zappa, Bob Marley, Satie, Sigur-Ross, Jimi Hendrix, The Beatles, Dead can Dance, Piers Faccini, Brel, Massive Attack, James Brown, Keith Jarrett, Hans Zimmer, John Williams, Lalo Schifrin, Bernard Hermann, Ennio Morricone, et bien d’autres...


Sans oublier quantité de cinéastes, écrivains, peintres, sculpteurs, dessinateurs, chorégraphes, scientifiques, conférenciers et aventuriers qui, de près ou de loin, exercent ou ont excercé une influence certaine sur ma musique.



Pouvez-vous nous parler de votre processus de création ?

Une fois que j’ai donc réussi à comprendre qu’elle est la véritable colonne vertébrale du projet, mon processus de création s’appuie sur mes ressentis, qu’ils soient issus d’images, de musiques, de sons ou des dialogues. Je peux ensuite associer des sentiments sur le propos puis les ”traduire” en musiques. des musiques que ”j’entends” en fait déjà entremêlées lors de ma lecture du scripte ou du scénario.


Etant donné que mes compositions s’inspirent de quantités de courants musicaux, d’autres arts, des domaines des sciences ou encore, des sons de mon envirronement sonore quotidien, les intuitions et l’inspiration arrivent à leur tour. En générale, plusieurs idées arrivent à la fois et je tente de les capturer en autant de maquettes.


Durant ce processus, il arrive que j’entende des sons ”organiques” qui rencontrent des sons plus ”irrééls”. En les créant puis en les mixant, il arrive que j’obtienne des timbres nouveaux et inédits. Ces nouveaux sons peuvent me faire changer complétement de direction.lorsque ce nouvel élément sonne ”juste” avec l’histoire à raconter.

Cela sous-entend aussi que j’ai juste à coté de mon clavier une grande ”poubelle à musiques” qui parfois, se rempli rapidement  :)


Que ce soit un auteur, un metteurs en scène, un réalisateurs ou un autre musicien, c’est la rencontre avec ”l’Autre” qui m’anime. J’aime beaucoup plonger dans un domaine ou un sujet que je n’envisageais pas à la minute d’avant. C’est loin d’être un exercice évident que d’adopter un but, imaginé par quelqu’un d’autre... il me faut tomber amoureux du nouveau sujet, comme c’était le mien. Et je crois que la musique ne sonne jamais aussi juste que lorsque ce processus se produit entre deux créateurs.



Comment abordez-vous un nouveau projet ?

En général le plus important se produit lors de cette première rencontre. Puis, durant ma première lecture du scripte, du scénario ou à l’écoute du brief de l’auteur, c’est là que prend forme ma future ”boussole”. Celle des émotions que je vais ressentir à ce moment là. C’est une phase essentielle pour l’écriture musicale.

Ces émotions une fois clarifiées, définissent un axe. Je vais m’efforcer de le suivre tout au long de la production, sans m’empêcher pour autant de m’évader de temps à autres, Les accidents créatifs c’est bien aussi...

A partir de cet axe, je peux ensuite varier mes angles de vues, mon sens critique, trouver du sens, de la cohérence. Tout cela me sert à découvrir quelle sera à terme la ligne artistique et l’identité sonore de l’oeuvre globale.







Pour l’audiovisuel, comment travaillez-vous ?

Pour cela je dois d’abord expliquer d’où je viens :

mes parents étaient réalisateurs de films d’animation lorsque j’étais enfant sur la butte Montmartre. Plus tard, mon père est devenu illustrateur et en paralèlle auteur-compositeur de chansons, écrivain de romans et ma mère est peintre sur carton sculpté. J’ai donc grandi dans un environnement où l’attention portée aux images a toujours eu de l’importance. Cet héritage joue un rôle lorsque je compose et notamment, pour la musique de films.


Mon parcours professionnel m’a ensuite conduit à composer avec une myriade d’exigences techniques, principes, timing et conditions particulières à de nombreux domaines, tels que : le film, la télévision, la publicité, le théâtre, le studio, le disque, le concert, etc.

Ces différentes exigences m’ont peu à peu permises d’acquerrir ”une conscience du temps” ou, ”sens du timing” pour chacun de ces domaines. Cette faculté me permet d’avoir une certaine ”élasticité du regard” sur le temps, le rythme et la ”musicalité” d’un montage d’images. Ainsi, je peux travailler sur les détails d’une courte séquence puis prendre assez rapidement du recul afin de re-envisager l’ensemble du film.


Techniquement, je travaille en lien étroit avec le réalisateur et le monteur. C’est un ping-pong de maquettes de musiques, de l’ours, de pré-montages durant lequel il y a des tentatives, des doutes, des modifications de dernière minutes. Cela jusqu’à la post-production finale qui pour moi correspond au mixage en studio et auditorium.

Si la confiance est mutuelle et le respect du travail de l’autre sauvegardé au sein de l’équipe, composer de la musique de films est une magnifique aventure.



Et pour le spectacle vivant, comment travaillez-vous ?

Depuis longtemps j’ai un grand amour pour les scènes, les coulisses des théâtres, ses loges, ses recoins et ses lumières. Quelque chose de magique et mystérieux.

Pour composer, je me déplace en général avec mon studio mobile (studio nomade). Il me permet de créer sur place, d’adapter les musiques et bruitages selon les besoins du metteur en scène, les avancées des acteurs.


Je construis ainsi l’univers sonore du spectacle en direct et au jour le jour. Lorsque mes musiques sont prêtes, je crée une ”conduite” sur le logiciel Qlab qui permet de gérer: musique / bruitages / vidéo, etc. Lorsque c’est terminé, j’assiste le technicien du son en régie pour lui transmettre les cues et le rythme. Je lui laisse ensuite la main pour suivre les représentations et tournées du spectacle.


Pour le théâtre j’ai eu aussi la chance de collaborer (depuis maintenant vingt ans) avec un très grand monsieur du théâtre, le metteur en scène Giacomo Ravicchio.


Au delà de son talent, de ses inventions, de sa carrière impressionante dans le monde entier, il m’a fait des cadeaux sans prix en me transmettant entre autres l’amour de la dramaturgie, des notions essentielles au théâtre telles que l’honnêté, le doute ou l’humilité. Il a partagé avec moi sa curiosité si communicative et un sens du défi m’obligeant à m’interdire l’emploi du mot ”impossible”.

Sans cette rencontre avec Giacomo Ravicchio, je crois que je n’aurais mis autant de sens sur ma propre profession. Comprendre et sentir ni réfléchir à ce point sur ce qui fait qu’un spectacle peut être beau et la raison pour laquelle nous voulons le faire. En plus de notre belle amitié, je lui doit beaucoup en tant qu’artiste.



Collaborez-vous avec d’autres musiciens ?

Oui bien-sûr, dès que les moyens de la production le permettent... J’essaie autant que possible d’employer des instrumentistes que je rencontre sur place ou de mon réseau en utilisant Internet pour échanger nos enregistrements.




Ces collaborations permettent de donner résolument un gain de vie à la musique et augmente de manière significative la qualité de la bande son.


Travailler avec de vrais musiciens, c’est aussi donner au spectacle ou au film un plus d’humanité, des vibrations plus organiques ainsi que des vibrations acoustiques que les ordinateurs, malgré de grands progrès, sont pour l’heure encore loin d’imiter. 




Parmi vos récentes productions, laquelle vous a particulièrement marquée ?


C’est un Opéra. En 2017, Giacomo Ravicchio, m’a invité à re-visiter entièrement la partition de l’Opéra de Gluck : Orfeo & Eurydice.


Entre 2017 et 2018, j’ai consacré une année entière à ce travail (fou) dans le but de ré-arranger avec mon style les magnifiques musiques composées en 1780 par Gluck. J’ai pour cela créé à Lausanne un orchestre symphonique 100% virtuel. J’ai ensuite collaboré avec des musiciens suisses, puis danois à copenhague dont les trois cantatrices d’exception (Josefine Andersson, Lea Quortrup et Berit Bafred-Jensen).


Peu à peu, j’ai extrait ou révélé des ”parfums”, jazz, latino, ethniques ou musiques de films que j’ai trouvé cachés au sein de la partition originale.

Et pour moi qui vient du jazz, c’était sans aucun doute le plus grand challenge auquel j’ai dû faire face ! A mon plus grand bonheur, le résultat final a conquis non seulement le public jeune et adulte, mais aussi des mélomanes et professionnels de l’opéra qui ont assisté au spectacle à Copenhague et à l’Opéra d’Odense.



Pour résumer vos compétences professionnelles ?


  1. pré-production, production et post-production audio

  2. composition, programmation

  3. arrangements, orchestration

  4. direction des musiciens

  5. direction voix en studio ou pour la scène

  6. ingénieurs du son (Logic X)

  7. Conduite audio (Qlab 4)

  8. séances en studios, mixage 5.1 surround

  9. sound design

  10. gestion de projet,

  11. droits d’auteur et contrats



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- English -


Jerome Baur - compositeur & sound designer


French music composer for cinema, audiovisual and performing arts since 1990 in France and Switzerland.


20 years of live music dedicated to live performances and films, advertising, tv design, business meetings and beautiful friendships that nourish my music and my taste for artistic adventures in several countries.


The quality of artists, technicians and studios with whom I work and their modularity make us find smart solutions for many productions, as well as budgets tailored to cover all the music and sound needs from creation to the post-production.


For movies and broadcasting,

I work mostly with professional teams in Switzerland and Europe. In Lausanne I use PRISM STUDIO in the center of the city. That professional studio offer many solutions for recording, video monitoring, mix with Pyramix system and mix 5.1 surround.


For performing arts,

I compose directly in theaters, using my mobile (nomad) studio.

This allows me to follow, step by step, the evolution of the actor’s work.


Depending the production capacities, I can cast local musicians or, to use my musicians network in other countries (we can share recordings by Internet).


Then, with the software QLAB 4, I program the entire soundtrack and I can add other media for the show (music, FX sounds, vidéo, light cues, midi, etc.).


Competence

  1. composition,

  2. arrangements,

  3. programing (Logic X),

  4. orchestration,

  5. sound designer,

  6. coaching musicians and voices for studio or stage,

  7. sound engeener (Logic X),

  8. Soundtrack programing with Qlab 4,

  9. mix studio 5.1 and files conformations (Pyramix),

  10. project management,

  11. contracts - music rights.

 

IMPORTANT

concernant le Lecteur Audio utilisé dans ce site Internet:

  1. -suite à la mise à jour ”El Capitan”, Apple a désactivé Quictime. Vous pouvez réactiver

votre module Quicktime et lire de nouveau les musiques on-line en suivant cette procédure.


about the Audio Player used in that web site:

  1. -After the update ”El Capitan”, Apple desactivated Quicktime Web player. To re-activacte Quicktime in your browser, please read this tutorial.